Datos biográficos
ROUILLARD, Pierre (París, 27-VI-1948). Profesor de historia en 1971 y miembro de la Casa de Velázquez (1973-1976). En 1973 defendió su tesis doctoral en arte y arqueología titulada Corpus vasorum antiquorum: musées de Tours et Bourges, dirigida por Louis Foucher, en la Universidad François Rabelais de Tours y, en 1986, su tesis doctoral en literatura titulada La Céramique grecque dans la péninsule ibérique (VIII– IX siècle av. J.-C.) ou l'expansion hellénique en extrême-occident, dirigida por François Villard, en la Universidad de París X Nanterre. En 1977 se incorporó al CNRS, primero en el Centro Pierre Paris (Universidad de Burdeos III), luego en la unidad de investigación UMR 7041 Archéologies et Sciences de l'Antiquité (ArScAn) (universidades de París I y París X-Nanterre). Fue responsable de la misión arqueológica franco-española «Alicante» desde 1980. Esta misión, que opera en cinco emplazamientos de la provincia de Alicante -Cabezo Lucero, La Picola de Santa Pola, La Rábita-Fonteta de Guardamar del Segura, La Malladeta de Villajoyosa y El Ferriol de Elche-, analiza las modalidades de intercambio entre las poblaciones íberas y los comerciantes griegos y fenicios, así como la forma en que se reciben los objetos foráneos, las representaciones y modelos iconográficos fenicios y griegos en la península, donde los intercambios se producen a través de encuentros efímeros o mediante el asentamiento de pequeñas comunidades extranjeras junto a los íberos. De 2000 a 2012 dirigió la Maison Archéologie && Ethnologie René-Ginouvès, una institución de investigación en ciencias humanas y sociales situada en el campus de la Universidad de París-Nanterre. También fue presidente de la red nacional de Maisons des sciences de l'Homme (2001-2005), vicepresidente adjunto de investigación y relaciones exteriores de la Universidad de Nanterre (2008-2012) y director científico y técnico, después experto científico, del laboratorio de excelencia «Les Passés dans le présent». Ha comisariado la exposición «Les Ibères» (1998-1999) en el Gran Palais y co-comisariado la exposición «Le vase grec et ses destins» (2004-2005) en Madrid, en el Real Museo de Mariemont y en el Museo Calvet de Aviñón. Fue miembro del equipo de comisarios de la exposición «La Méditerranée des Phéniciens, de Tyr à Carthage» (2007-2008) en el Instituto del Mundo Árabe y director científico de la película Une dame, des pierres, des hommes, dirigida por Paul Rambaud y Claude Delhaye en 2011, película dedicada a la Dama de Elche. Desde 1994 es académico correspondiente de la Real Academia de la Historia de España.
Fuente: Wikipedia.
Correo eléctronico enviado por Pierre Rouillard el 4 de agosto de 2019 a la Cátedra Pedro Ibarra. En el cuenta su vieja relación con nuestra ciudad, su amistad con la familia Ramos y con el profesorado de Historia Antigua y Arqueología de la Universidad de Alicante, Enrique Llobregat, Mercedes Tendero, Ana María Ronda...
Cher Miguel Ors,
Avec trop de retard je vous adresse mon texte; vous voudrez m’en excuser. Je me suis rendu compte que j’avais une longue pratique de Elche. Vous me direz si cela vous convient et si je suis fidèle à l’esprit de votre projet. Avec mes cordiales pensées. Pierre RouillardELCHE
Pierre Rouillard
pour Miguel Ors
Venir à Elche, une nécessité : entreprenant une enquête sur les importations grecques dans la péninsule Ibérique en 1973, je me suis vite rendu pour la première fois, au printemps 1974 à La Alcudia pour étudier les fragments attiques mis au jour au cours de longues décennies sur le site. L’accueil fut chaleureux, un peu sombre toutefois, Don Alejandro Ramos Folquès m’a reçu dans son salon, fenêtres mi closes, en me présentant le site, les circonstances des découvertes et les grandes phases telles qu’il les percevait au fil des relations entre Ibères, Puniques et Romains. Généreusement il me donne accès aux fragments attiques, tous du IVe siècle, mais grande fut ma surprise de voir que La Alcudia était un lieu où tout ce qui avait circulé dans l’Antiquité y était présent, des amphores d’attribution difficile…, des bols dits « mégariens », d’autres moulés à Corinthe, tous les ateliers de sigillées d’Italie , de Gaule, d’Espagne bien sûr et de superbes plats de sigillée paléochrétienne.
Une première visite et ensuite je crois qu’il n’y eut pas d’année sans visite à La Alcudia, apprenant à connaître alors Rafael Ramos Fernández, le fils puis Alejandro Ramos Molina, le petit fils. Visites, discussions, regards sur les nouvelles découvertes. Et surtout se sont enchainés des travaux en commun, d’ordres divers. Ainsi l’exposition « Les Ibères » dont j’assurais le commissariat avec Jean-Pierre Mohen, Christiane Eluère et Carmen Aranegui, et qui fit présentée, en 1998-1999 d’abord à Paris au Grand Palais, puis à Barcelone et finalement à Bonn : nous avons présenté quelques-unes des pièces majeures de céramique peinte du style d’Elche ; à cette occasion, à Paris, nous avions invité Rafael à présenter le site de La Alcudia.
Dans le même temps, fouillant à La Picola (Santa Pola), entre 1991 et 1995, Alejandro venait, chevauchant une Harley Davidson qui faisait réver fouilleurs et fouilleuses, nous prêter main forte avant de nous inviter à regarder les matchs de rugby d’une coupe du monde. Nous en sommes, avec Alejandro, à la troisième génération.
Le temps passe et le site de La Alcudia, avec l’Université d’Alicante, est pris en charge par une nouvelle équipe animée par Mercedes Tendero Porras et Ana Maria Ronda Femenia, avec Alejandro Ramos Molina, son frère Rafael et sa sœur Angela. Continuité et renouvellement, avec toujours le même accueil généreux.
Dans ces années mon intérêt pour la dame d’Elche devient plus grand. Enrique Llobregat avait mis au jour (en 1986) sur le site de Cabezo Lucero (Guardamar del Segura, Alicante) où nous avions fouillé ensemble de 1980 à 1985, avec André Jodin, Carmen Aranegui et José Uroz, dans la nécropole ibérique, un buste de Dame portant une coiffe voisine de celle de la Dame d’Elche.
Un déclic important quand, poursuivant le travail de géologie de Christian Montenat sur le banc de pierre d’où fut extrait le bloc utilisé par le sculpteur ibère de « La Dame » - ce que Christian Montenat avait confirmé-, Cyril Gagnaison, au cours de son travail de thèse de géologie, découvre en 2005 dans les éboulis des carrières de Ferriol, une ébauche de sculpture, la tête d’un guerrier casqué, datable au IVe siècle avant J.-C. . La place de Ferriol comme lieu d’exploitation de la pierre et de préparation du travail de sculpture était fermement établie. Dès lors s’est imposé à nous, avec Jesús Moratalla et Laurent Costa, le projet d’étudier à fond les carrières de Ferriol, là même où le sculpteur de la dame, il y 25 siècles avait extrait un bloc de calcaire gréseux pour y façonner le buste. L’historien que je suis dut, au delà de la fouille, explorer, avec l’aide généreuse de Carmina Verdú, archiviste de la ville, les sources littéraires et les archives relatives à l’exploitation des carrières qui bien après le temps de la Dame avaient fourni une bonne part du matériau de la Basilique Santa María. Et de Ferriol, nous pouvions voir La Alcudia.
Ces années sont aussi celles de la préparation de la présentation de la Dame pour la seconde fois à Elche. En 2005 j’étais associé à ce travail piloté par la Diretrice du Museo Arqueológico Nacional, Rubí Sanz Gamo, et en 2006 le buste est présenté à Elche, après un vernissage présidé par l’Infante d’Espagne.
Riche année encore quand, invité par les autorités locales, j’ai pu, entouré de ma famille et d’amis, assister au Misteri ; inoubliable moment de communion d’une ville avec la Vierge de l’Assomption, cette autre figure qui contribue à identifier la ville d’Elche.
Il fallait pouvoir graver dans la pellicule plusieurs de ces étapes et ceci fut possible grâce au CNRS et avec Paul Rambaud et Claude Delhaye, nous avons pu en rendre compte dans le film « Une dame, des pierres, des hommes » (2011).
Autre événement, en mars 2008, l’arrivée d’une Dame transportée de Paris par un « Pierre ». Un « Pierre » emporta l’original, une autre »Pierre » livrait une copie produite dans les ateliers des moulages du Louvre, toujours reproduite à partir de la copie qu’avait réalisé Ignacio Pinazo Martínez à Paris en 1908. Ce moulage était destiné au Centro de intrerpretación installé sur le site et ce fut une belle fête avec Ana Ronda et Lorenzo Abad.
La Alcudia est toujours présente, car nous avons voulu préciser l’usage de la pierre de Ferriol dans les édifices de la cité ; avec Rafael Ramos et Jesús Moratalla, nous avons alors effectué en 2017 des prélèvements des matériaux mis en œuvre, analysés ensuite par Christian Montenat.
Du tesson grec mis au jour à La Alcudia à la Dame, une longue familiarité s’est nouée avec Elche et nous évoquons en dernier lieu un moment surprenant : cette année 2019 j’ai pu voir le moule fait en 1908 pour réaliser les copies de la Dame à l’Atelier des moulages de Paris, admirer une photographie d’Ignacio Pinazo posant aux côtés du moulage du buste de la Dame réalisée dans l’atelier de Picasso au Bateau Lavoir et, quelques jours plus tard, voir une de ses copies à l’itinéraire riche de sens : celle qui accueille tout illicitan à son Ayuntamiento était jusqu’en 1977 à Paris, avant d’être remise à la Ciudad de Elche en 1997.
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